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Question ouvert le

Revoir un classique vingt ans après : ça tient toujours ou la déception guette

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Salle2Classiques & patrimoine4 réponses
Message d’ouverture

Je suis retournée récemment dans une petite salle indépendante qui proposait une séance patrimoine, et j’ai eu la chance de revoir sur grand écran un film que j’avais adoré plus jeune. L’expérience était étrange : certains plans m’ont bouleversée encore plus qu’avant, d’autres m’ont semblé un peu datés dans leur rythme. C’est précieux de pouvoir faire cette expérience en salle, avec d’autres spectateurs, plutôt que seule devant un écran. Heureusement que ces cinéclubs existent encore pour permettre ces redécouvertes, il faut vraiment les soutenir. Je pense que l’âge auquel on découvre un film façonne énormément notre rapport à lui, et qu’on ne revoit jamais vraiment le même film qu’enfant ou jeune adulte. Et vous, avez-vous déjà eu la surprise, bonne ou mauvaise, de revoir un film marquant de votre jeunesse des années plus tard ? Est-ce le film qui a changé ou bien notre regard sur lui ?

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hier à 11 h 07
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#1

Question classique, et je dirais que ça dépend beaucoup du genre. Un bon polar français, par exemple, ça ne vieillit pas vraiment, les dialogues restent savoureux. Franchement, qui n’a jamais ressorti « vous me faites rire, vous » pour une occasion quelconque, des années après l’avoir entendu la première fois ? En revanche j’ai revu certaines comédies qui m’enchantaient à vingt ans et qui m’ont semblé beaucoup plus poussives qu’en souvenir. Le temps est un filtre cruel pour l’humour, moins pour la noirceur.

#2

Ce que décrit Odile m’interroge sur autre chose : est-ce qu’on revoit vraiment le film, ou est-ce qu’on revoit surtout le souvenir qu’on en a construit entre-temps ? Pour les documentaires en particulier, je trouve que l’expérience est différente, parce qu’on sait davantage ce qu’on cherche à vérifier ou à comprendre la seconde fois. Est-ce que d’autres ont remarqué que certains films gagnent en profondeur justement parce qu’on a vécu davantage de choses entre les deux visionnages ?

#3

Perso j’ai revu des trucs que j’adorais ado et ça m’a jpp parfois, genre le rythme qui traine en longueur alors qu’avant je trouvais ça stylé. Mais bon y a aussi des films genre Spider-Man ou Le Seigneur des anneaux qui restent grave au top même des années après, parce que l’action et les effets ça vieillit pas mal du tout quand c’était déjà soigné à la base.

#4

On oublie souvent que ce phénomène existe depuis bien plus longtemps que ce qu’on imagine, et que les spectateurs qui redécouvraient les grands muets dans les années suivant leur sortie vivaient déjà cette même tension entre nostalgie et jugement renouvelé. Pour qui connaît l’histoire du cinéma, un film comme Nosferatu ne « vieillit » pas au sens où on l’entend d’habitude, parce qu’il n’a jamais cherché à être moderne : son langage visuel est intemporel par construction. La déception, à mon sens, vient surtout des œuvres qui misaient sur des effets de leur époque plutôt que sur une vision esthétique profonde. Celles-là s’effritent. Les autres traversent les décennies sans trembler.

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