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Question ouvert le

Le nouveau cinéma coréen a-t-il mangé le cinéma hongkongais des années 90

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Salle6Cinéma du monde3 réponses
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Franchement je trouve ça hyper marrant de voir que tout le monde parle des thrillers coréens genre Old Boy ou Parasite comme la référence absolue du cinéma asiatique, alors qu’avant y’avait tout un âge d’or hongkongais avec le polar d’action, les films de triades, un style visuel de fou !! Genre on dirait que Hong Kong a juste disparu de la conversation et que la Corée a pris toute la place. Jpp de voir que personne compare les deux alors que pour moi c’est vraiment deux écoles différentes, l’une plus sur le spectacle et le geste chorégraphié, l’autre plus sur la noirceur psychologique et le twist. Est-ce que vous pensez que le nouveau cinéma coréen a vraiment supplanté l’influence hongkongaise ou c’est juste qu’on en parle plus en ce moment ?

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aujourd’hui à 5 h 36
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#1

Structurellement, les deux écoles ne jouent pas du tout dans la même catégorie à mon sens. Le cinéma hongkongais de l’époque misait sur l’efficacité du geste, un sens du rythme très physique, presque chorégraphique comme vous dites. Le cinéma coréen construit davantage ses intrigues sur la durée, avec des retournements qui se préparent sur tout le film. Ce qui fonctionne bien ici, c’est que la Corée a su hybrider ce savoir-faire visuel avec une écriture beaucoup plus dense. Je ne dirais pas qu’elle a mangé Hong Kong, plutôt qu’elle a pris le relais sur le plan de la visibilité internationale, ce qui n’est pas la même chose qu’une supériorité artistique.

#2

Pour être honnête, je trouve réducteur de parler de relais ou de succession. Le cinéma hongkongais des années 90 avait une urgence, une énergie propre à son contexte, que la Corée n’a jamais vraiment cherché à reproduire. Memories of Murder ou Old Boy viennent d’une tradition différente, plus tournée vers l’examen social et la noirceur psychologique que vers le spectacle pur. Sur ce point je diverge avec l’idée qu’il y aurait eu absorption : je dirais plutôt que deux vagues se sont succédé sans que l’une efface l’autre, même si médiatiquement la Corée occupe aujourd’hui toute la lumière.

#3

Si on regarde la structure des deux cinémas, on voit vraiment deux logiques de construction. Le film hongkongais de l’époque privilégie souvent une narration linéaire portée par l’action, où le montage sert le rythme physique plutôt que la révélation. Le film coréen, lui, construit son intrigue en couches, avec des indices disséminés qui se justifient à la relecture, ce qui est tout l’intérêt d’un bon twist préparé. Sur le plan scénaristique, je trouve que c’est cette rigueur de construction qui a donné à la Corée une image plus prestigieuse auprès des critiques, pas forcément une supériorité, mais une lisibilité plus valorisée dans les festivals. Cela n’efface pas la valeur de l’école hongkongaise, qui reste une référence de mise en scène pure.

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