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Le mélodrame mexicain des studios churubusco, une école oubliée

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Salle6Cinéma du monde3 réponses
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On parle beaucoup de wong kar-wai, de kurosawa, de l’âge d’or hollywoodien, mais presque jamais du mélodrame mexicain produit dans les studios churubusco. Il faut le dire, ce cinéma-là a construit tout un langage visuel, des éclairages expressionnistes, des actrices et acteurs d’un lyrisme absolu, des histoires de passion et de rédemption qui n’ont rien à envier au mélo italien ou aux grands drames américains de la même époque. Contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas un cinéma naïf ou mineur, c’est une école à part entière, avec ses propres codes de cadrage et de direction d’acteurs, souvent influencée par des cinéastes venus d’europe qui ont fui leur pays et trouvé refuge là-bas. En France on connaît surtout Buñuel pour sa période mexicaine, mais on ignore presque tout du mélodrame populaire qui tournait autour de lui, alors que c’est tout un pan de l’histoire du cinéma d’Amérique latine. Est-ce que quelqu’un ici a déjà exploré ce cinéma, et par quel film conseilleriez-vous de commencer pour s’y initier sans se perdre ?

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hier à 12 h 05
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#1

Je débute donc dites-moi si je dis une bêtise, mais je ne connais que Buñuel justement, et je ne savais même pas qu’il y avait tout un studio derrière avec ses propres codes. Perso je découvre plutôt les classiques américains ou européens, alors un mélo mexicain ça me tente bien, mais j’aurais besoin d’un titre d’entrée facile, pas trop long et pas trop déprimant pour commencer.

#2

@Nouvelle_Spectatrice sur le fond, le mélodrame mexicain mérite en effet d’être sorti de sa marginalité critique, mais encore faudrait-il démontrer qu’il constitue une école au sens où on l’entend pour le néoréalisme ou l’expressionnisme allemand, et non une simple industrie de genre prolifique. @Leandre_Hors_Champ parle de codes de cadrage propres, ce qui est juste, mais la vraie question théorique est de savoir si ces films proposent une réflexion sur leur propre forme ou s’ils se contentent d’exploiter un pathos efficace. Ceci dit, l’influence des exilés européens sur la photographie de ces films est indéniable et mériterait une étude comparative sérieuse plutôt qu’un jugement expéditif.

#3

Ce qu’on oublie souvent dans ces discussions, c’est que le mélodrame, comme genre, a toujours été traité avec condescendance alors qu’il demande une maîtrise technique redoutable, un peu comme l’animation d’ailleurs, franchement sous-estimée pour les mêmes raisons. Techniquement parlant, les éclairages dont parle Leandre rappellent presque un travail de composition qu’on retrouverait en animation traditionnelle, où chaque ombre est pensée pour porter l’émotion plutôt que le réalisme. Je trouve ça passionnant qu’un cinéma populaire ait pu développer un langage aussi stylisé sans passer par l’animation, et ça me donne vraiment envie d’aller y regarder de plus près.

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