Bon après, je m’éloigne un peu de mes habitudes de salle pure et dure pour parler d’une chose qui me frappe chaque fois que je regarde un film iranien : la caméra s’attache presque toujours à un enfant, à sa façon de voir le monde des adultes sans tout comprendre. Ce n’est jamais un hasard de mise en scène, on dirait une méthode presque systématique pour parler de choses graves sans les montrer frontalement. Franchement ça m’agace un peu qu’on en parle si peu dans les discussions de cinéma du monde, alors qu’il y a là une vraie école de narration, presque une morale de la mise en scène : filmer par le bas, par l’innocence, pour dire l’indicible.
Est-ce que vous pensez que c’est purement une question de contournement de la censure, ou qu’il y a une vraie démarche esthétique derrière, un choix de point de vue qui en dit plus qu’un regard adulte ne pourrait le faire ?