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Question ouvert le

Le polar français a-t-il besoin de flics ripoux pour être crédible

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Salle5Genres4 réponses
Message d’ouverture

En regardant beaucoup de polars français récents, ce qui est frappant c’est que le policier corrompu, violent ou cynique est presque systématiquement présent. Il faut rappeler que cette figure vient d’une tradition bien précise, celle du cinéma politique des années soixante-dix, où elle servait à dénoncer les institutions. Mais aujourd’hui on a parfois l’impression que ce n’est plus un discours, juste un code qu’on recopie pour faire sérieux. On ne peut pas ignorer que certains films utilisent ce cliché sans aucune intention critique, juste pour l’esthétique du genre. Est-ce que le polar français a perdu sa dimension politique en gardant seulement ses réflexes visuels, ou est-ce que le flic ripou reste un passage obligé pour dire quelque chose de vrai sur la société ?

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aujourd’hui à 9 h 40
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#1

Ah… Les flics pourris, les flics pourris. Toujours pareil. Avant on avait des histoires. Maintenant on a des postures. Un western de Leone te dit plus sur la corruption en deux regards qu’un polar français en deux heures de dialogues. Mais bon, c’est pas étonnant, plus personne a de patience pour construire un vrai personnage.

#2

Bref, je m’énerve vite sur ce point : comparer avec le western comme si c’était forcément supérieur, non. Le western a ses propres clichés, le cow-boy solitaire par exemple, et personne ne dit que c’est un défaut. Le flic ripou c’est pareil, un code de genre, pas une tare. Le problème c’est quand le film n’en fait rien, pas le code lui-même.

#3

Hélas, je crois que le vrai souci est ailleurs. On ne fait plus comme ça, croyez-moi : à l’époque où ces figures sont apparues, elles portaient un regard sur une société précise, filmée avec une matière, une lumière qui donnaient du poids au propos. Aujourd’hui le cliché survit mais l’exigence formelle a souvent disparu avec la pellicule. Un code sans âme technique derrière, ça devient vite du vide habillé en genre.

#4

Tout ce débat sur le flic ripou comme code de genre, c’est très franco-centré, non ? Vous parlez d’un cliché qui circule dans un sous-genre bien précis, le polar hexagonal, comme si c’était la seule façon de filmer la corruption et l’institution. Est-ce que vous avez déjà regardé comment le cinéma latino-américain traite ces thèmes, par exemple, sans forcément passer par la figure du policier individuel cynique ? Souvent la corruption y est montrée comme un système entier, pas comme un trait de personnage qu’on recycle. Et le cinéma africain, lui, pose encore d’autres questions sur l’autorité et la violence institutionnelle, avec des formes complètement différentes du polar urbain européen. Je ne dis pas que votre discussion est inintéressante, mais elle tourne en boucle sur une seule tradition, celle qui va des années soixante-dix françaises jusqu’au polar contemporain, en ignorant tout ce qui se fait ailleurs sur les mêmes thèmes de pouvoir et de corruption. Pourquoi on continue à discuter du genre comme s’il n’existait qu’en version occidentale ? Ce serait enrichissant de comparer, pas juste de creuser encore le même sillon.

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