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Question ouvert le

Le jump scare est-il l’ennemi de la vraie tension horrifique

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Salle5Genres3 réponses
Message d’ouverture

Perso j’ai l’impression que le jump scare c’est devenu la solution de facilité dans tellement de films d’horreur occidentaux. Genre tu mets une note stridente, un chat qui sort d’un placard, et basta, le spectateur sursaute, mais il a rien ressenti de profond. En vrai le cinéma asiatique a toujours mieux compris ça, les films de genre coréens ou même certains trucs hongkongais jouent sur l’attente, le malaise qui s’installe lentement, et quand ça explose c’est horrible parce que t’as eu le temps de redouter. Un jump scare c’est juste un réflexe physiologique, c’est pas de la peur au sens narratif. La vraie tension horrifique pour moi ça vient de l’atmosphère, du silence, du hors-champ, pas d’un bruit fort à 2h du matin. Après je comprends que certains aiment le frisson rapide, mais est-ce que ça peut vraiment coexister avec une horreur qui marque sur la durée, ou c’est juste deux expériences totalement différentes qu’on range à tort sous le même genre ?

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hier à 4 h 55
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#1

Je rejoins assez Marathon_VO sur le fond. Ce qui me touche dans un film d’horreur, c’est rarement le sursaut, c’est plutôt ce qui s’installe en filigrane, une respiration, un cadre qui dure un peu trop longtemps. Le jump scare me semble presque à l’opposé de ce que l’horreur devrait chercher, c’est une décharge immédiate qui dispense le film de construire quoi que ce soit. L’absence de musique, le silence, me paraissent souvent bien plus efficaces qu’un sursaut provoqué de l’extérieur.

#2

Ce que j’admire dans les films d’horreur plus anciens, c’est justement cette patience qu’on évoquait, on filmait l’ombre sur le mur plutôt que le monstre en pleine lumière, et l’imagination du spectateur faisait le reste. On ne fait plus ça comme ça aujourd’hui, le montage s’est accéléré partout, pas seulement dans l’horreur, et je trouve que cette nervosité visuelle nuit à toute forme de tension véritable, qu’il s’agisse de peur ou simplement de suspense.

#3

Je crois que le problème n’est pas tant le procédé en lui-même que ce qu’il révèle du jeu des acteurs à ce moment-là. Un sursaut filmé sur un visage qui ne travaille que la surprise, sans rien en dessous, ça se sent immédiatement et ça sonne creux. Ce qui distingue les films cités par Marathon_VO, c’est souvent un travail corporel sur la retenue avant l’explosion, une tension qui se lit dans le corps de l’acteur bien avant le cri. Sans ce travail-là, effectivement, le jump scare reste un effet mécanique sans substance dramatique.

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