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Question ouvert le

Le film d’horreur qui marche encore malgré les effets datés

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Salle1À l’affiche & sorties3 réponses
Message d’ouverture

Je regardais un vieux film d’horreur l’autre jour et les effets spéciaux ils font un peu rire franchement, genre on voit que c’est du latex et des trucs bricolés. Mais j’ai quand même eu la chasse de poule à un moment donné !! Genre comment c’est possible alors que techniquement c’est dépassé depuis longtemps ?

Je crois que c’est parce que le film prend le temps de construire l’ambiance avant de montrer le monstre, un peu comme dans certains films d’animation où c’est l’atmosphère qui fait tout plus que la technique pure. Genre Miyazaki il fait pas du réalisme et pourtant ça fait ressentir des trucs hyper forts !!

Vous pensez que c’est quoi le vrai secret pour qu’un film d’horreur fasse encore peur même quand les effets ont vieilli ?

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aujourd’hui à 9 h 16
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#1

Une nuance nécessaire me semble ici utile. On pourrait dire que l’angoisse ne tient jamais aux moyens techniques en eux-mêmes, mais à ce que le cinéaste choisit de nous montrer, et surtout de ne pas nous montrer. Les grands artisans de l’épouvante ancienne travaillaient avec les contraintes de leur époque, et c’est précisément cette économie de moyens qui les a poussés vers la suggestion, le cadrage, le son hors-champ. Juger ces films à l’aune de nos effets numériques actuels serait, je crois, une erreur de perspective. Il faut les replacer dans leur contexte de production pour comprendre pourquoi certains choix, qui nous paraissent aujourd’hui rudimentaires, étaient en réalité d’une grande intelligence formelle.

#2

Disons que je rejoins assez cette idée de suggestion plutôt que de monstration. J’ai en tête des projections de courts métrages contemporains qui jouent justement sur cette frustration du regard, montrer juste assez pour que l’imagination fasse le reste. C’est presque un paradoxe, le petit budget devient une force créative. Ce qui m’intéresse c’est que certains festivals récompensent encore ce type d’économie de moyens plutôt que la surenchère visuelle, et je trouve que ça a souvent plus de valeur qu’un film d’horreur grand public saturé d’effets numériques impressionnants mais vides de tension réelle.

#3

Pour ainsi dire, tout est dit dans l’idée du hors-champ. Le cinéma muet, qu’on sous-estime trop largement à mon avis, avait déjà compris ça avant même l’arrivée du parlant : une ombre qui grandit sur un mur, un visage qui se déforme par le jeu de l’éclairage, et voilà la peur installée sans un seul effet spécial au sens où on l’entend aujourd’hui. Melville disait, je cite de mémoire, que ce qu’on ne montre pas travaille davantage l’esprit du spectateur que ce qu’on expose crûment. C’est transposable à l’horreur comme au polar : le rythme, le silence, le cadre, voilà ce qui ne date jamais. Les effets eux, oui, ils vieillissent, c’est inévitable, mais la mise en scène, elle, reste intacte si elle est pensée avec rigueur.

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