Je ressors encore une fois perplexe d’un film de Weerasethakul… On pourrait dire que c’est l’exemple même du cinéma contemplatif poussé à son terme : temps dilaté, narration diffuse, atmosphère presque hypnotique. Il y a une qualité de regard indéniable, une façon de filmer la nature et le silence qui tranche avec presque tout le reste du cinéma asiatique qu’on voit circuler ici. Mais je me demande honnêtement à qui ce cinéma s’adresse… Pas de drame frontal, pas de personnages qu’on suit avec empathie classique, des ruptures de ton qui désarçonnent. On pourrait dire que c’est un cinéma d’expérience plus que de récit. Est-ce qu’il faut une culture cinéphile particulière pour y entrer, ou simplement accepter de lâcher ses repères habituels de spectateur ? Je serais curieux de savoir si certains ici ont trouvé une porte d’entrée, ou si au contraire vous trouvez que c’est un cinéma qui se regarde le nombril plus qu’il n’offre quoi que ce soit au spectateur.
Apichatpong weerasethakul, un cinéaste pour qui exactement
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