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Apichatpong weerasethakul, un cinéaste pour qui exactement

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Salle6Cinéma du monde3 réponses
Message d’ouverture

Je ressors encore une fois perplexe d’un film de Weerasethakul… On pourrait dire que c’est l’exemple même du cinéma contemplatif poussé à son terme : temps dilaté, narration diffuse, atmosphère presque hypnotique. Il y a une qualité de regard indéniable, une façon de filmer la nature et le silence qui tranche avec presque tout le reste du cinéma asiatique qu’on voit circuler ici. Mais je me demande honnêtement à qui ce cinéma s’adresse… Pas de drame frontal, pas de personnages qu’on suit avec empathie classique, des ruptures de ton qui désarçonnent. On pourrait dire que c’est un cinéma d’expérience plus que de récit. Est-ce qu’il faut une culture cinéphile particulière pour y entrer, ou simplement accepter de lâcher ses repères habituels de spectateur ? Je serais curieux de savoir si certains ici ont trouvé une porte d’entrée, ou si au contraire vous trouvez que c’est un cinéma qui se regarde le nombril plus qu’il n’offre quoi que ce soit au spectateur.

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aujourd’hui à 11 h 40
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#1

Ce qui me frappe surtout c’est l’absence quasi totale de musique chez lui. À l’oreille c’est un cinéma du silence et des bruits naturels, presque l’inverse de ce que j’aime. Ça peut créer une ambiance forte, je ne nie pas, mais je trouve que ça prive le film d’une dimension émotionnelle qu’une partition bien pensée pourrait apporter sans trahir la contemplation.

#2

Perso je trouve ça hyper réducteur de dire que c’est pour personne juste parce que c’est lent. En vrai le cinéma asiatique ça déborde largement du côté action ou horreur, genre y’a toute une tradition contemplative à côté qui mérite autant d’attention. Après je comprends que ça demande un effort, mais c’est pas un défaut en soi.

#3

Complètement d’accord avec Marathon_VO, et franchement sous-coté comme réalisateur dans les discussions ici. C’est exactement le genre de cinéma qui se perd quand on ne regarde que ce qui sort en gros circuit. Il faut accepter de changer de rythme intérieur, c’est tout. Un petit film contemplatif comme ça a parfois plus à offrir qu’une grosse production qui t’en met plein la vue sans rien derrière.

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