À mon sens, il faut distinguer deux choses qu’on confond trop souvent : la crédibilité technique d’un film, qui est effectivement condamnée à vieillir, et sa justesse sur les rapports humains ou le pouvoir, qui elle peut au contraire se renforcer. Pour être précis, ce n’est pas tant l’anticipation qui vieillit mal que notre regard, qui se focalise sur le décor plutôt que sur le propos. Un film qui filme avant tout une angoisse politique ou morale garde sa force bien après que ses machines soient devenues obsolètes. C’est d’ailleurs ce qui distingue, je trouve, les grandes œuvres de genre des simples démonstrations techniques vouées à être dépassées par le réel lui-même.
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