Tout ce débat sur le flic ripou comme code de genre, c’est très franco-centré, non ? Vous parlez d’un cliché qui circule dans un sous-genre bien précis, le polar hexagonal, comme si c’était la seule façon de filmer la corruption et l’institution. Est-ce que vous avez déjà regardé comment le cinéma latino-américain traite ces thèmes, par exemple, sans forcément passer par la figure du policier individuel cynique ? Souvent la corruption y est montrée comme un système entier, pas comme un trait de personnage qu’on recycle. Et le cinéma africain, lui, pose encore d’autres questions sur l’autorité et la violence institutionnelle, avec des formes complètement différentes du polar urbain européen. Je ne dis pas que votre discussion est inintéressante, mais elle tourne en boucle sur une seule tradition, celle qui va des années soixante-dix françaises jusqu’au polar contemporain, en ignorant tout ce qui se fait ailleurs sur les mêmes thèmes de pouvoir et de corruption. Pourquoi on continue à discuter du genre comme s’il n’existait qu’en version occidentale ? Ce serait enrichissant de comparer, pas juste de creuser encore le même sillon.
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