Pour ainsi dire, tout est dit dans l’idée du hors-champ. Le cinéma muet, qu’on sous-estime trop largement à mon avis, avait déjà compris ça avant même l’arrivée du parlant : une ombre qui grandit sur un mur, un visage qui se déforme par le jeu de l’éclairage, et voilà la peur installée sans un seul effet spécial au sens où on l’entend aujourd’hui. Melville disait, je cite de mémoire, que ce qu’on ne montre pas travaille davantage l’esprit du spectateur que ce qu’on expose crûment. C’est transposable à l’horreur comme au polar : le rythme, le silence, le cadre, voilà ce qui ne date jamais. Les effets eux, oui, ils vieillissent, c’est inévitable, mais la mise en scène, elle, reste intacte si elle est pensée avec rigueur.
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