Vous parlez tous de montage et de rythme mais personne ne parle de ce qu’on entend pendant qu’on a peur. À l’oreille, Hitchcock et Lang n’ont rien à voir non plus. Hitchcock utilise la musique comme un nerf à vif, elle anticipe, elle trahit l’angoisse du personnage avant même l’image, un peu comme certaines envolées de western où la mélodie dit ce que le visage ne montre pas encore. Lang au contraire laisse souvent le silence faire le travail, ou des sons presque industriels, ce qui colle avec cette idée d’engrenage dont parle Zapette. La tension mécanique de Lang, c’est aussi une absence de lyrisme musical, alors que Hitchcock orchestre littéralement la peur. Ça rejoint un peu ce que dit Bertrand sur l’attente, sauf que chez Tarkovski aussi le son a ce rôle de creuser le temps plutôt que de le remplir.
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