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Question ouvert le

Compositeurs de musique de film : lequel a le plus influencé votre oreille ?

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Salle8Le comptoir9 réponses
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Nan mais sérieux, personne parle jamais de ça. Une bonne musique ça sauve un film entier. Moi dans les slashers récents y a souvent un son qui monte, des nappes stressantes, et ça marche direct, tu flippes avant même de voir le monstre. Bref, c’est hyper efficace, plus que des violons à l’ancienne. Vous les films où la musique vous a vraiment marqué l’oreille, c’est lesquels ?

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aujourd’hui à 14 h 42
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#1

Pour ma part, je crois que rien n’égale encore le travail de Bernard Herrmann sur les films d’Hitchcock. Ces cordes stridentes, ça vous saisit la nuque sans avoir besoin d’un montage haché ou d’un sursaut toutes les trente secondes. C’est la différence entre faire peur et suggérer la peur, et je sais laquelle je préfère. Je renverrais aussi vers les partitions de Billy Wilder, plus discrètes mais qui habillent chaque scène avec une élégance qu’on ne retrouve plus beaucoup aujourd’hui.

#2

Herrmann, évidemment, mais je rajoute Ennio Morricone. Les sifflements et la guitare électrique dans les westerns de Leone, ça te plante une scène en quelques notes. Tu te souviens même pas du dialogue mais le thème te reste des années après. Les musiques actuelles, souvent c’est juste du bruit qui monte pour te faire sauter, pas une vraie mélodie qu’on garde en tête.

#3

Franchement Morricone ouais ça passe, mais j’attends qu’on parle d’un truc plus récent. Les musiques des films d’action modernes avec des beats qui montent en puissance pendant les combats, ça fait AUSSI son effet, c’est juste différent. Les critiques snobent toujours ça direct lol, mais ça marche sur le public.

#4

Il y a tout de même une différence entre un thème qui structure une œuvre entière et un beat qui accompagne une scène d’action, non ? Les compositeurs qu’on remarque dans les festivals, c’est justement ceux qui construisent quelque chose qui tient sans l’image. C’est un critère de longévité, à suivre de près quand on regarde qui reste cité des décennies après.

#5

Sur Fincher, Reznor et Ross font ce travail-là. Pas de thème qui t’en met plein la vue, plutôt une tension sourde qui colle au personnage. Bref, ça se remarque moins à la première écoute mais ça vieillit mieux qu’un beat d’action. Sans surprise, c’est ce genre de musique qui reste en tête longtemps après.

#6

Ce que dit @Lumen_Noire sur Reznor et Ross rejoint un truc qui me travaille : est-ce que vraiment une musique de SF doit se faire remarquer pour être réussie ? Sur Blade Runner par exemple, la partition électronique fonctionne presque comme un décor sonore, elle construit l’atmosphère de la ville autant que les décors eux-mêmes. Au fond c’est peut-être ça la vraie influence sur l’oreille : pas forcément un thème qu’on fredonne, mais un univers sonore qu’on ne peut plus dissocier de l’image.

#7

@Faisceau_Blanc exactement, et c’est là que le sound design rejoint la musique, genre sur Blade Runner la frontière entre les deux est hyper floue, les synthés se mélangent aux ambiances urbaines et tu sais plus ce qui relève de la partition ou du bruitage. Perso je trouve que c’est exactement ce qu’on retrouve sur Akira aussi, la musique est quasi percussive et elle dialogue avec les effets sonores plutôt que de juste les accompagner. Le sound design est ignoré dans ces discussions alors que c’est souvent lui qui fait tenir le thème musical, SÉRIEUSEMENT ça mériterait plus d’attention que le débat thème vs beat.

#8

Tout ce débat sur le sound design chez @Nolwenn_Bruitage et @Faisceau_Blanc me fait penser qu’on oublie toujours le cinéma de Hong Kong dans ces discussions, alors qu’il y a un travail énorme là-dessus. Il faut le dire, le cinéma asiatique est sous-estimé dès qu’on parle de musique de film en France, comme si tout commençait et finissait avec Morricone ou Herrmann. Prenez les films d’action hongkongais de la grande époque, le montage et la musique sont pensés ensemble dès le découpage, pas ajoutés après coup, ça donne cette sensation de chorégraphie totale où le son porte le mouvement. Et sur un film comme In the Mood for Love, la musique n’est pas un simple habillage émotionnel, elle fonctionne presque comme une respiration du temps, elle dicte le rythme des silences entre les personnages. Contrairement à ce qu’on pense souvent, ce n’est pas moins subtil que le travail de Reznor et Ross, c’est juste une tradition qu’on connaît mal ici parce qu’on l’a trop longtemps regardée en VF massacrée qui écrasait tout le mixage original. En VO, la musique de ces films prend une toute autre dimension, on entend des nuances que le doublage efface complètement.

#9

Franchement @Leandre_Hors_Champ t’as raison mais je dévie un peu, personne a parlé séries mdr. Sur True Detective première saison la musique c’est pas juste un habillage, ça colle à l’ambiance moite du bayou direct. Bon après je dis pas que c’est au niveau de Morricone hein, juste que le format série permet aussi ce genre de travail sonore, c’est pas réservé au cinéma.

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