Prenons le temps de revenir un peu en arrière. La cérémonie des César est née en 1976 au Palais des Congrès de Paris, sous la présidence de Jean Gabin, à l’initiative de Georges Cravenne qui voulait doter le cinéma français de sa propre reconnaissance, à l’image des Oscars. Depuis, les palmarès américains et les grands festivals internationaux semblent avoir pris une place écrasante dans les discussions, au point que l’on se demande si un César a encore une résonance particulière, au-delà du cercle français.
Ce silence dit beaucoup, je trouve, de la place réelle qu’occupe aujourd’hui une récompense nationale face à des machines de communication mondiale. Pourtant il y a quelque chose dans le fait de célébrer un cinéma dans sa propre langue, avec ses propres codes, qui mérite qu’on s’y arrête sans céder tout de suite au réflexe de comparaison.
Pensez-vous qu’un prix comme celui-ci garde une valeur propre, ou n’est-il plus qu’un écho local face aux consécrations internationales ?