La comparaison mérite d’être posée avec prudence. On accole trop facilement l’étiquette de cinéma à des jeux dès qu’ils soignent leurs cinématiques, alors que le montage, au sens où on l’entend en analyse filmique, repose sur un rythme et une ellipse que l’interactivité contrarie structurellement. Encore faudrait-il démontrer qu’un jeu pense son découpage plutôt que de simplement l’imiter. Certains s’en approchent, je ne le nie pas, lorsque la caméra et le silence sont utilisés comme de vrais choix de narration et non comme un décor entre deux objectifs. Sur le fond, ceci dit, l’émotion produite par un jeu bien écrit n’a rien à envier à celle d’un film, même si les moyens employés diffèrent profondément.