édito

Edito de Février 2018

Quand les vidéastes font mieux que les journalistes

 

Ne nous méprenons pas : nous respectons le travail de journaliste. C’est un travail essentiel souvent dévalorisé. Pourtant, nous en dépendons tous. D’où son importance et notre désir utopique que ceux qui le représentent soient exemplaires.

Aujourd’hui, la situation du journalisme professionnel est compliquée, entre la main mise des grands groupes sur le milieu, la concurrence gigantesque au sein de la sphère informationnelle et la rapidité de la transmission de l’information… Les dysfonctionnements du milieu n’ont jamais été aussi évidents…

Difficile de réellement blâmer les journalistes, car le fond du problème est systémique, et ce système, suivant l’évolution de nos modes de vies et de communications modernes, est indépendant d’une quelconque volonté.

Maintenant, un constat, fait par un investigateur particulier, vient ajouter sa pierre aux dysfonctionnements du système journalistique professionnel.

Dans cet article, l’auteur conclu que dans la plupart des cas, les sites d’information professionnels ne corrigent pas les informations erronées, et quand ils le font, ils le font généralement mal.

C’est d’autant plus triste que ce constat va à l’encontre de la charte de déontologie journalistique de Munich (1971) qui stipule que l’un des devoirs du journaliste est de “Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.”.

Et à l’inverse, de plus en plus de vidéastes culturels ont conscience de leur responsabilité, et corrigent leurs erreurs dans la description de la vidéo et parfois même en faisant une seconde vidéo plus complète (la disparition des annotations sur youtube est une grande perte pour cette pratique). Plus rarement, on aura vu des vidéastes retirer définitivement des vidéos au contenu plus douteux (comme dans le journalisme, les “vues” sont malheureusement un paramètre de taille, et beaucoup conservent les vidéos problématiques).

Il est intéressant de constater que dans leur quête de légitimité, les vidéastes suivent une déontologie journalistique, que les journalistes eux-mêmes, trop souvent, ne suivent plus. C’est un aspect que nous devons tous soutenir, pour que cela perdure.

En tout cas, un aspect ne trompe pas, nous sommes de plus en plus nombreux à nous cultiver via des vidéos, ce qui est bien la preuve du désamour, voire de la méfiance portée envers le système journalistique traditionnel. Bien la preuve que nous trouvons chez les vidéastes des aspects (dont déontologiques) que nous ne trouvons plus dans celui-ci.

Pourtant, n’oublions pas une chose, dans la plupart des cas, les vidéastes que nous chérissons ont besoin du journalisme traditionnel comme source d’information, ça nous ne pouvons pas le lui enlever.

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